16.01.2012
A la Dame Blanche de brocéliande...
Voila bien longtemps que je n'étais venu coucher quelques mots sur mon blog... Mais il y a quelques jours, Annie, ma douce amie nous a quitter. "Physiquement", car je sais que toujours elle m'attendra au détour des chemins de Brocéliande, à la porte du val sans retour, elle me soufflera encore à l'oreille les chemins sacrés qui mène au coeur de notre Mère...
Ces quelques mots sont pour toi, ma Dame Blanche, repose en paix à Caer Arianrhod, et ce que tu m'as transmis sera transmis à son tour dans le cercle de la vie... A jamais en moi...

Un rayon de lumière, puis un autre. Ce matin, c’est sans doutes la dernière fois qu’elle ouvrira les yeux, de l’autre coté de la forêt, de l’autre coté ou le soleil se lève à peine. Sur le versent ou l’herbe perlée de rosée caresse ses pieds nus, si vieux.
Rien d’autre que cette vie simple et belle depuis longtemps, et aucun chuchotement n’a encore violé ce silence, juste la folie de l’eau qui ne trouve plus sa place dans le lit de la rivière. De la moindre brindille d’herbe au chêne centenaire, de la plus petite des pensées au chaos le plus absolu, tout dors encore quand ses yeux s’ouvrent à la clarté mystique.
Elle ne prend plus le temps de nouer ses longs cheveux blancs, de son visage ou le temps semble gravée se dégage une sérénité toute nouvelle, une paix qui vient de naître ce matin, son dernier matin. Son âme n’aspire qu’à s’envoler mais elle trouve la force d’y retourner, puisée en ces derniers instants. Elle voudrait encore une fois offrir son à âme et à son corps meurtrit un dernier bain de plénitude.
Si longtemps qu’elle n’avait ressentit la terre nue sous ses pieds, si longtemps que sa peau n’avait frissonné si délicieusement au vent ; elle revoit celle qu’elle était avant, elle… ne regrette rien, demain, elle ne se réveillera pas. Elle le sait, et… elle marche, au milieu de ses souvenirs, sur l’herbe humide, entre les arbre et les fleurs fermées. Elle revoit pour la dernière fois ses rêves d’enfant, dans les prairies sauvages, dans la foret épaisse ou l’on voit virevolter les fées et bien d’autres merveilles, elle marche, la ou se livrent de violents combats et ou s’ébattent les cerfs au bois immenses. Elle marche au milieu de ses souvenirs,. Elle marche, se laisse guider, ira jusqu'à la rivière, derrière le rideau de feuilles, au pied de l’arbre foudroyé… La, devant elle, sa vieille main pousse en tremblant l’épaisse cascade verte, elle maintenant n’a plus peur. Elle ne se retournera pas quand la porte se refermera doucement derrière elle, pour ne plus jamais s’ouvrir.
Elle s’est assise la, au bord de l’eau, les rayons pales du soleil dans ses cheveux d’argents. Elle a regardé son visage qui se reflétait calmement, transparent, la caressé, la contemplé longuement sans le toucher ; savait que c’était l’heure ou elle allait enfin pouvoir s’envoler. Longtemps, si longtemps…
Une larme sur son visage rejoint une larme du reflet et l’image ondule puis disparaît. Au revoir, elle sait qu’il ne réapparaîtra plus. Les petites ondes ne semblent plus s’arrêter contre le bord, et l’aide à s’étendre contre le doux tapis de feuilles, à se pelotonner dans l’herbe, bras tendre de la terre mère. Longtemps, si longtemps… Qu’elle ne s’était sentit aussi bien.
C’est la fin, et elle sourit, laisse la pale lumière du ciel le pénétrer, l’inonder, l’emporter avec elle…
Un papillon se pose sur sa poitrine, il regarde le vieux visage qu’il ne verra plus, le vieux visage si apaisé maintenant.
Le soleil envahit la clairière maintenant, et il s’envole, cueillant sous ses ailes le dernier soupir, la dernière goutte de vie, emportant tous les rêves de cette petite fille qui dormait souvent la au bord de l’eau, de cette vieille femme qui a voulu pour toujours s’endormir la au bord de l’eau...

Et comme tu me disais tout le temps... Ne nous disons jamais aurevoir, mais à tout à l'heure...
05:11 Publié dans °Journal de Branwen° | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note










Commentaires
Je me permet de venir te dire sur ce support à quel point cet article est beau et émouvant.
Je ne connais pas cette belle Dame que tu évoques, elle m'a touchée au travers de tes mots.
De belles pensée et de la poussière d'étoiles pour toi Branwen.
Prends soin de toi et accepte que mes quelques larmes versées en lecture soient un présent pour honorer la mémoire de cette Dame Blanche.
Écrit par : Maïa | 03.02.2012
Merci...pour ce récit,
je l'ai connu aussi...
qu'à tous ceux qui ont reçu d'elle : bijoux, écoutes, amitiés,
à tous cela je dis : soyez les veilleurs et ne l'oublions pas !
Écrit par : Fedelma | 05.04.2012
Bon jour Branwen, Dame nature. Elan de coeur vibrant, je me permet de venir à ta rencontre. Moment partage par des liens sacrés... Et je crée, dans le respect que nous puissions nous voir ! Je suis actuellement sur Corseul, et te laisse mon contact via mon site !
http://www.esprit-emergence.com/?page_id=912
Tout le meilleur. Au plaisir.
Écrit par : christelle | 22.04.2012
Merci a vous pour ce belle Homage a Ma Maman
Elle me manque enormement
mais je sais qu'elle n'es pas loin Merci a vous
Écrit par : langarel | 02.05.2012
Tout ce flot de paroles que je viens de lire, de savourer avec émotion, sont doux et à l'image de cette Dame...
Je n'ai pas eu le bonheur de connaître cette jolie Dame, tant par sa beauté naturelle que par les mots qu'elle délivrait, mais il n'est aucun doute en ce qui me concerne... Dieu que cette est belle...
Mélinda... tu portes tout au creux de ton corps, de ton coeur, de ton âme l'immensité de ta Maman... et quelque soit ta route, tes lendemains, tes alentours... elle sera toujours présente dans chacun de tes pas, de tes sourires, dans tout ce que tu feras, dans tout ce que tu diras, dans tout ce que tu regarderas...
Merci à toi de me la faire découvrir un peu...
Prends soin de toi Mélinda
Corine
Écrit par : Corine | 02.05.2012
Écrire un commentaire